Je sais maintenant pourquoi je suis venu jusqu’ici. Moi qui ne crois pas, j’ai une révélation. Pas
religieuse. Humaniste. Immédiatement je pense à faire partager cette expérience. Mon film sur Burning man parlera de ça. Et j’amènerai ici ceux que j’aime. Mes amis, ma famille. Ma compagne enceinte et deux ans plus tard notre fils. La candeur du regard de Lhassa sur ce spectacle visuel flamboyant me bouleverse. L’année
d’après j’accompagnerai une amie, Samantha, venue mettre dans le temple les cendres de
sa mère emportée par un cancer dix ans plus tôt. Je commence à documenter tout ça.
J’interview le créateur Larry Harvey, des artistes ainsi que des participants. Filmer à Burning
Man est difficile à moins d’avoir une logistique imposante. Les conditions climatiques
particulièrement austères pour le matériel. Le sable notamment, la poussière plus exactement
qui rendent l’expérience si intense et vous complique la vie. La chaleur. Les moyens de
déplacements, le vélo en l’occurrence. Le fameux “Burning Man time” bien différent du monde
extérieur. Le temps est malgré tout compté. Tout cela va disparaitre dans une semaine. Les témoignages, l’atmosphère, ce qui s’y passe. Tout contribue à faire ce documentaire une expérience unique. Le festival « Burning Man » est une grande rencontre musicale et bariolée jusqu'à l'indescriptible. Au delà de l'évènement aussi extraordinaire soit il, nous allons passer de l'autre côté du miroir et analyser le phénomène artistique qu'il est devenu, avec ses codes sociologiques et anthropologiques. Parce que Burning Man doit se vivre de l'intérieur, je vais m’y immerger une fois encore et en suivre la préparation, le déroulement et la disparition au travers de la création de David Best en particulier.